17/2/2026
 DANS 
ÉCONOMIE

Le bijou en or : entre geste amoureux et pragmatisme économique

Enquête diffusée en février 2026

Rapport d’étude 

Ces dernières semaines, l’or s’est de nouveau imposé dans l’actualité économique.

Entre records et corrections brutales, le métal jaune apparaît comme l’un des marqueurs économiques du moment, largement commenté et observé.

À l’approche de la Saint-Valentin — célébrée ce samedi, temps fort de l’échange de cadeaux dans les couples — l’or devient-il un cadeau qui se pense autrement ?

Offert principalement sous forme de bijoux, il demeure fortement chargé de symboles, tout en étant, pour une part importante des Français, envisagé dès l’achat comme une valeur potentiellement mobilisable.

Une logique qui brouille la frontière entre consommation, épargne informelle et gestion patrimoniale.

Ce décalage apparaît d’autant plus marqué que les femmes, principales détentrices de bijoux en or, sont aussi celles qui leur attribuent le moins souvent une valeur financière ou patrimoniale, illustrant un rapport encore très genré à l’investissement.

C’est cette articulation entre actualité des marchés, pratiques de détention et perceptions économiques que documente cette enquête menée par l’institut FLASHS pour Ymanci, auprès de 2 000 Françaises et Français, dont plus de 1 800 personnes en couple ou l’ayant déjà été. 

Saint-Valentin : 8 Français(es) sur 10 jouent le jeu 

À l’occasion de la Saint-Valentin, le rituel du cadeau reste solidement ancré chez les personnes en couple. 

Fréquence d’échange de cadeaux dans le couple à l’occasion de la Saint-Valentin

→ Le cadeau amoureux reste donc une norme sociale forte — mais une norme qui s’effrite progressivement avec l’âge…

L’or, cadeau d’amour… ou placement discret ?

Offrir un bijou en or reste une pratique largement répandue : 72 % des Français(es) déclarent en avoir déjà offert un à leur partenaire.

Un geste encore très majoritairement porté par les hommes (86 %, contre 60 % des femmes).

Mais au moment de l’achat, le geste ne se limite pas au symbole : 

  • 1 Français sur 2 déclare que la possibilité de revente du bijou en or a compté au moment de l’achat

  • Chez les moins de 24 ans, cette proportion atteint 72 %, soit 22 points de plus que la moyenne

→ Les plus jeunes intègrent davantage l’or comme un bien potentiellement mobilisable, combinant plus volontiers geste affectif et raisonnement économique.

« Tu peux me le rendre ? »

Si le bijou en or s’inscrit d’abord dans une logique de don, la rupture amoureuse peut en redéfinir le statut : 

Intention de récupération d’un bijou en or offert en cas de séparation

→ Le cadeau amoureux apparaît de plus en plus comme un don conditionnel, dont la valeur peut être réactivée une fois la relation terminée.

Un patrimoine largement ignoré

Malgré cette conscience diffuse de la valeur de l’or, les bijoux en or restent rarement perçus comme un patrimoine.

  • Seuls 10 % des Français(es) détenant des bijoux en or leur attribuent une valeur financière ou patrimoniale

  • Les femmes détiennent plus souvent des bijoux en or que les hommes (76 % contre 55 %)

  • Pourtant, seules 7 % d’entre elles leur attribuent une valeur économique, la dimension affective restant largement dominante

→ Alors qu’elles concentrent la détention de bijoux en or, les femmes continuent de sous-identifier cet actif, reflet d’un rapport genré à l’investissement et à la légitimité financière.

Le juste prix

Estimation du prix du gramme d’or par les Français et Françaises 

→ Bien que l’or soit identifié depuis longtemps comme une valeur refuge, sa valeur réelle reste très largement méconnue.

Le bijou qui dépanne 

Malgré cette faible lecture économique, les bijoux en or constituent une ressource mobilisable pour une part importante de Français et Françaises. 

  • Près de 4 Français sur 10 (39 %) déclarent avoir déjà utilisé un bijou en or pour obtenir de l’argent


    • 27 % par une revente définitive
    • 9 % par une mobilisation temporaire (ex. prêt sur gage), un recours nettement plus fréquent chez les 18–24 ans (19 %), contre seulement 3 % chez les 65 ans et plus
    • 3 % par les deux modalités

  • Cette pratique concerne en priorité les ménages modestes, mais reste présente à tous les niveaux de revenus

→ Le bijou en or apparaît ainsi comme un levier financier discret, mobilisé bien au-delà des seules situations de grande précarité, d’autant plus attractif dans un contexte de cours de l’or élevés, notamment auprès des plus jeunes.

Mobiliser un bijou en or pour obtenir de l’argent se fait le plus souvent en toute discrétion.

Une personne concernée sur deux n’a pas prévenu la personne à l’origine du cadeau.

Mes bijoux plutôt qu’un crédit

Situations ayant conduit à l’utilisation d’un bijou en or pour obtenir de l’argent

→ L’or joue un rôle de variable d’ajustement, mobilisé pour préserver l’équilibre financier sans forcément passer par les circuits bancaires classiques.

Finalement,

quand l’or fait la une pour ses variations de cours, l’enquête rappelle qu’il circule aussi en dehors des marchés.

Dans les foyers, sous forme de bijoux, détenus majoritairement par des femmes, mais rarement perçus comme un actif.

Un patrimoine bien réel, mais encore peu nommé comme tel.

Enquête réalisée par FLASHS pour Ymanci du 21 au 23 janvier 2026 par questionnaire autoadministré en ligne auprès d’un panel de 2 000 Français et Françaises âgé(e)s de 18 ans et plus, représentatif de la population française. L’échantillon comprend 1883 personnes en couple ou l’ayant déjà été.