Enquête diffusée en février 2026
À moins d’un mois des municipales 2026, la place de la voiture revient au centre des arbitrages locaux. Stationnement, accès, zones réglementées : les décisions se multiplient, avec en toile de fond la question de l’attractivité des centres-villes.
La relation entre voiture et commerce alimente régulièrement la controverse : certains y voient un facteur de désertification, d’autres un levier de transformation. Mais la question se joue aussi, concrètement, dans l’expérience d’accès au centre-ville.
C’est dans cette perspective que FLASHS a interrogé 1 000 automobilistes se déplaçant en métropole — qu’ils y résident ou qu’ils viennent de la périphérie — pour Mister Turbo.
L’enquête décrit un climat de circulation largement jugé tendu, un sentiment de sécurité très différent selon le gabarit du véhicule, et des perceptions contrastées entre conducteurs de véhicules thermiques et d’électriques.
Elle montre aussi que la fréquentation des villes repose presque autant sur des visiteurs venus de l’extérieur que sur les habitants — et que ce sont ces non-résidents qui renoncent le plus à venir.
Entre klaxons et frictions
La conduite en milieu urbain est aujourd’hui majoritairement associée à une expérience négative.
6 automobilistes sur 10 la décrivent comme contraignante, stressante ou épuisante :

Ce malaise ne tient pas uniquement aux embouteillages :
- 87 % déclarent subir de la pression sur la route
- 76 % disent céder régulièrement pour éviter un conflit
- 72 % évoquent des comportements intimidants
→ Au-delà des embouteillages, c’est la qualité des interactions entre usagers qui dégrade l’expérience de conduite.
La citadine, idéale sur le papier… moins dans le ressenti
Lorsque la conduite est vécue comme conflictuelle, la taille du véhicule influe directement sur le sentiment de sécurité.
Si les berlines/compactes et les citadines restent majoritaires, les SUV représentent désormais plus d’un véhicule sur cinq utilisé en ville (21 %).
Or le ressenti diffère nettement selon le gabarit :
- 67 % des conducteurs de SUV déclarent se sentir davantage en sécurité en ville
- contre 45 % des conducteurs de petites citadines, soit 22 points d’écart
→ Les modèles les plus adaptés à l’espace urbain sur le plan pratique sont précisément ceux dont les conducteurs se sentent le plus en insécurité.
Découragés… mais toujours au volant
La perception négative de la conduite en ville se traduit par un effet concret : elle dissuade de s’y rendre.
- 85 % des automobilistes se disent découragés par la circulation
- 87 % citent le stationnement comme principal frein
Le stationnement apparaît, sans surprise, comme la contrainte centrale.
Pour autant, ce découragement ne signifie pas un abandon généralisé de la voiture :
- 45 % continuent de se rendre en ville en voiture
- 38 % choisissent un autre mode de transport
- 17 % renoncent à s’y rendre
→ La contrainte agit davantage comme un filtre que comme un déclencheur d’abandon massif. Elle modifie les arbitrages, mais ne fait pas disparaître la voiture.
Tout dépend d’où l’on habite
L’échantillon interrogé est composé exclusivement d’automobilistes se déplaçant en métropole.
45 % résident en dehors de la métropole dans laquelle ils circulent, 55 % y habitent (dont 28 % dans la ville principale).
Les comportements varient fortement selon cet ancrage territorial.
Les habitants de la ville principale :
- 50 % se reportent vers un autre mode de transport
- 6 % seulement renoncent à se déplacer
À l’inverse, les habitants hors métropole :
- 51 % maintiennent l’usage de la voiture
- 23 % renoncent à se rendre en ville
→ Face aux contraintes, tous les automobilistes n’ont pas les mêmes options : certains s’adaptent, d’autres maintiennent, d’autres encore renoncent aux centres-villes.
6% d’électrique : une minorité qui change l’expérience urbaine
Si certaines politiques locales visent à accompagner la transition, le parc automobile urbain reste très majoritairement thermique :

Les dispositifs favorables aux véhicules électriques concernent encore une minorité d’usagers.
Dans le même temps :
- 66 % des conducteurs de thermiques ou hybrides estiment que la conduite urbaine peut user prématurément leur véhicule (arrêts fréquents, embouteillages, ralentisseurs).
À l’inverse :
- 74 % des conducteurs de véhicules électriques jugent que les mesures mises en place en leur faveur facilitent leurs déplacements.
→ Les politiques de mobilité atténuent les contraintes pour certains, tandis que la majorité du parc automobile continue d’en subir pleinement les effets.
Méthodologie
Enquête réalisée par FLASHS pour Mister Turbo du 06 au 10 février 2026 par questionnaire autoadministré en ligne.
Echantillon de 1 000 automobilistes se déplaçant en métropole, issu d’un panel de 1415 personnes, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus.
Un panel d’automobilistes se déplaçant en métropole, majoritairement non-résidents
100 % des répondants déclarent se déplacer en voiture dans une métropole, dont 48 % au moins plusieurs fois par mois.
45 % habitent en dehors de la métropole dans laquelle ils se rendent en voiture.55 % résident dans la métropole (28 % dans la ville principale, 27 % dans une autre commune).















