28/4/2026
 DANS 
SANTÉ

Ce que vos ongles disent de vous

Enquête diffusée en avril 2026 

Six Français sur dix affirment que les mains figurent parmi les trois premiers éléments qu’ils regardent chez une personne. Un chiffre révélateur de l’attention qu’on leur accorde, souvent de manière inconsciente.

Car loin d’être anodins, les ongles participent pleinement à l’image que l’on renvoie, sous l’influence de normes sociales solidement ancrées. Et si l’intérêt pour leur entretien gagne progressivement les hommes, ces pratiques restent encore largement associées aux femmes.

Dans ce contexte, les produits utilisés pour soigner et embellir les ongles font l’objet d’une vigilance accrue de la part des autorités sanitaires. Depuis septembre 2025, plusieurs substances présentes dans les vernis semi-permanents sont interdites en Europe, en raison de leurs effets nocifs, notamment sur la fertilité.

Derrière ce qui pourrait sembler relever de simples routines esthétiques se cachent en réalité des habitudes précoces, répétées et prolongées, qui interrogent :

→ À quel âge les jeunes filles commencent-elles à se vernir les ongles ?

→ Comment les femmes vivent-elles l’absence de manucure, parfois au point d’affecter leur sentiment de présentation ou leur confiance en elles ?

→ Dans quelle mesure sont-elles conscientes des risques associés à ces pratiques ?

Autant de questions au cœur d’une enquête exclusive menée par FLASHS pour le laboratoire Poderm, qui analyse les usages et les paradoxes liés aux soins des mains et des ongles.

Des mains “négligées”, et tout de suite jugées

  • L’état des mains influence directement l’image perçue ;
  • 81 % des hommes estiment que des mains peu entretenues donnent une image peu soignée d’une femme, contre 71 % des femmes vis-à-vis des hommes ;
  • Un critère d’apparence plus sévèrement appliqué aux femmes, et qui a aussi un coût : près de 7 femmes sur 10 consacrent un budget mensuel à leurs ongles, le plus souvent compris entre 20 et 50 euros, voire plus.

Un détail tue-l’amour 

  • Au-delà du jugement, les mains jouent un rôle dans l’attractivité ;
  • 33 % des Français et Françaises déclarent avoir déjà été freinés dans un rapprochement intime à cause de mains ou d’ongles mal entretenus ;
  • Et 54 % reconnaissent que cela pourrait les rebuter.

Sans manucure, difficile de se sentir “présentable” ? 

  • 8 femmes sur 10 se sentent négligées, gênées ou préoccupées lorsque leur manucure n’est plus “fraîche” ;
  • Et lorsque leurs ongles ne sont pas faits, près de 6 sur 10 (57 %) se sentent ordinaires, voire “nues” ;
  • Les ongles apparaissent ainsi comme un levier de distinction, permettant de se démarquer et d’exprimer une part de sa personnalité.

Un “effet cocktail” qui commence dès l’enfance

  • Près d’1 femme sur 4 (22 %) a porté du vernis pour la première fois avant l’âge de 10 ans ;
  • Aujourd’hui, elles sont plus de 8 sur 10 (81 %) à entretenir leurs ongles, au moins occasionnellement. 

Cette répétition entraîne une exposition cumulative à différents produits, avec un “effet cocktail” des substances désormais documenté par la recherche, notamment sur les perturbateurs endocriniens (travaux de Inserm, CNRS et Université de Montpellier, publiés dans PNAS, 2021). Un risque lié moins à un produit qu’à l’accumulation.

Vigilantes pour la peau, beaucoup moins pour les ongles

  • 83 % des femmes déclarent vérifier la composition des produits qu’elles appliquent sur leur peau ;
  • Mais moins d’1 sur 2 (49 %) le fait pour ses produits pour les ongles ;
  • Et plus surprenant encore, 30 % des femmes estiment que ces produits ne présentent aucun risque pour la santé.

Or, l’ongle n’est pas une surface inerte : le lit unguéal, qui est vascularisé, permet la pénétration de certaines substances chimiques, susceptibles de s’accumuler au fil des applications. Un angle mort dans la perception du risque par le grand public

Le point de vue de Léa, chargée d’étude FLASHS 

“Ce qui ressort surtout de cette enquête, c’est à quel point les ongles dépassent la simple question esthétique pour devenir un élément attendu de la représentation de soi, appris très tôt et rarement remis en question. Pour beaucoup de femmes, l’absence de manucure sur leurs mains se traduit par une impression d’inachevé dans la manière de se présenter.

Dans le même temps, ces pratiques s’ancrent dans la durée, sans que les risques soient pleinement pris en compte. L’ongle reste perçu comme une surface inerte, alors que c’est en réalité un point d’exposition régulier. Les risques ne sont pas inexistants, mais relégués au second plan. Finalement, l’esthétique continue trop souvent de primer sur la vigilance sanitaire.

Un mécanisme à l’œuvre dans toute l’industrie de la beauté, qui s’exprime ici littéralement jusqu’au bout des doigts.”

Méthodologie 

Enquête réalisée par FLASHS pour Poderm du 6 au 9 mars 2026 par questionnaire autoadministré en ligne auprès d’un panel de 2 000 Français et Françaises âgé(e)s de 18 ans et plus, représentatif de la population française.

L’échantillon comprend 1 041 femmes, parmi lesquelles 843 déclarent réaliser, au moins occasionnellement, une manucure à visée esthétique.

Consultez le rapport d’étude