Enquête diffusée en mars 2026
Dormir à deux : un plaisir… qui ne garantit pas toujours un meilleur sommeil
À l’occasion de la Journée mondiale du sommeil, les alertes se multiplient sur la qualité du repos des Français et Françaises. Insomnies, fatigue chronique ou encore allergies aux acariens : la question du sommeil s’impose depuis longtemps comme un véritable enjeu de santé publique.
Lorsque les troubles du sommeil sont évoqués, les explications reviennent souvent aux mêmes causes : stress, écrans, rythmes de vie. Pourtant, un facteur beaucoup plus ordinaire du quotidien reste encore largement sous-estimé : la dimension conjugale du sommeil.
En France, plus de 30 millions d’adultes vivent en couple et, pour la plupart d’entre eux, partagent leur lit chaque nuit. Or, dormir à deux signifie aussi composer avec le rythme et les habitudes de l’autre. Et le sommeil partagé ne se résume pas aux ronflements : il implique toute une série de petits compromis.
Pour mieux comprendre comment se vit réellement le sommeil à deux, FLASHS a interrogé pour Acar-Housses® près de 1 300 Français et Françaises vivant en couple et cohabitant avec leur partenaire.
Les résultats dressent un tableau nuancé, entre attachement au lit partagé et ajustements quotidiens.
Dormir à deux… quitte à mal dormir

Si la quasi-totalité des couples disent apprécier partager leur lit, 1 personne sur 4 reconnaît que son sommeil en pâtit.
Cet effet est encore plus marqué chez les femmes : 32 % déclarent dormir moins bien à deux, contre 19 % des hommes, soit un écart de 13 points.
Le lit partagé, les horaires aussi
Dormir ensemble implique souvent de s’adapter au rythme de l’autre.
Près de 3 Français(es) sur 4 disent ainsi ajuster leur heure de coucher à celle de leur partenaire.
Les hommes se plient d’ailleurs un peu plus souvent à ce compromis (76 %, contre 67 % des femmes).
Et pour plus d’1 personne sur 10, cette adaptation relève avant tout de la diplomatie conjugale : une manière d’éviter de froisser l’autre.

Le réveil de trop
L’ajustement ne concerne pas seulement le moment de se coucher.
Pour 1 personne sur 3, l’alarme du partenaire perturbe aussi le réveil. Là encore, les femmes se disent plus gênées que les hommes (37 %, contre 25 %).
«Tu viens dormir ou tu scrolles encore ?»

Les écrans ne perturbent pas seulement le sommeil individuel.
Pour plus d’un tiers des personnes interrogées, il est difficile de dormir tant que l’autre n’a pas posé son téléphone : attendre qu’il ou elle ait terminé, lui demander d’arrêter… ou parfois reprendre son propre appareil.
Résultat : près de 3 personnes sur 10 y voient une source d’agacement ou de conflit.
Ne jamais s’endormir fâchés

Dans l’imaginaire du couple, la nuit reste aussi un moment de réconciliation.
9 personnes sur 10 jugent important de ne pas se coucher fâchées.
Et pour 56 %, cette règle doit s’appliquer quoi qu’il arrive.
Seuls 6 % estiment qu’il vaut parfois mieux simplement dormir dessus.
Le vrai rêve : un peu plus d’espace ?

Si dormir ensemble reste la norme, certains couples aspirent aussi à davantage d’indépendance nocturne.
4 Français(es) sur 10 souhaiteraient disposer d’un espace plus personnel la nuit : chacun sa couette, une chambre pour soi de temps en temps, voire dormir séparément.
Cette idée séduit davantage les femmes (20 %, contre 12 % des hommes), les mêmes qui déclarent le plus souvent dormir moins bien à deux.
Le point de vue de Léa Paolacci, chargée d’études chez FLASHS
« Le sommeil est souvent abordé sous l’angle individuel. Pourtant, pour une grande partie de la population, il se vit d’abord à deux.
Les résultats de cette enquête font apparaître un décalage : la grande majorité des personnes interrogées disent apprécier partager leur lit, mais cela ne signifie pas pour autant que l’on dort mieux avec son ou sa partenaire. La nuit suppose alors de composer avec le rythme et les habitudes de l’autre : s’adapter à l’heure de coucher, au réveil ou aux usages nocturnes. Autant de petits compromis qui peuvent, à la longue, peser sur la qualité du repos.
Cet enjeu apparaît d’autant plus marqué pour les femmes. La littérature scientifique montre déjà qu’elles déclarent plus souvent des troubles du sommeil et des insomnies. Selon le Baromètre de Santé publique France, environ une femme sur cinq souffre d’insomnie chronique, contre environ un homme sur dix. Dans ce contexte, la dimension conjugale du sommeil peut constituer un facteur supplémentaire de fragilisation du repos. »
Méthodologie
Enquête réalisée par FLASHS pour Acar-Housses® du 21 au 23 janvier 2026 par questionnaire auto-administré en ligne.
Échantillon de 1 279 personnes vivant en couple et cohabitant avec leur partenaire, issu d’un panel de 2 000 Français et Françaises représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus.















